roudot

Il signait ses billets du délicieux et imprononçable pseudo de Roudodoudourou.

Il était un des piliers du Z Band, fraternité virtuelle de blogueurs réunis par une même passion du jazz, et publiant tous les trois mois environ un texte sur un sujet décidé en commun.

C'est là que je l'ai rencontré, virtuellement. En lisant son billet sur le pianiste Marc Copland d'abord, puis au fil de quelques échanges, par claviers (d'ordinateur) interposés.

En fréquentant son blog, j'ai découvert qu'il était un artiste, du crayonné et de la couleur, de la poésie et du sourire, de l'espoir et du rire d'enfant.

François Roudot s'en est allé, emporté en trois jours par une soudaine, brutale et terriblement injuste maladie.
Je n'écouterai plus jamais Marc Copland sans penser à Roudodoudourou, qui avait tellement bien su en parler.

Comme un peintre posant ses touches de couleurs,
Copland use d'un toucher délicat, sans heurt,
riche de variations chromatiques et harmoniques.

En compagnie d'autres musiciens - Dave Liebman, Greg Osby, Bill Carothers - Gary Peacock… -
Copland envoûte par cet art du dialogue intimiste et serein,
par cette façon de mener une discussion en marge du fracas du monde,
comme une musique de chambre, feutrée, mais élégiaque.

On comprend alors que Marc Copland privilégie les tempos lents et les ballades,
qui lui permettent de sculpter dans l'air et le silence,
des interprétations toutes en délicatesse et nuances,
jamais mièvres ou racoleuses, mais riche d'une rêveuse mélancolie,
qui déploient un  art poétique de l'intériorité,
dédié à la fragilité de l'instant et à l'évanescence des choses,
avec une sensibilité toute chinoise de la suggestion et de l'effleurement.