Aaron Choulai trio "Ranu" (Sunnyside records, 2009)

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Aaron Choulai (piano), Sam Anning (contrebasse), Ben Vanderwal/Rory McDugall (batterie)

Cet album est un mystère. A l'image de son leader, Aaron Choulai, qui prétend sur son myspace jouer de la pop japonaise, quand quelques mesures de "Ranu" suffisent à situer cette musique dans la vaste nébuleuse du jazz. Nébuleuse au sens d'objet céleste.

Un mystère disais-je. Extérieurement, un trio tout ce qu'il y a de plus classique. Intérieurement, un univers déroutant, une sorte de monde parallèle qui se laisse entrevoir sous les touches sensibles du piano, les bruissements de cymbale et les sombres pulsations de contrebasse.

La musique d'Aaron Choulai donne l''impression d'une mélodie familière qui subrepticement s'étire, se déforme, se transforme, incluant dans sa nouvelle forme des fragments de la précédente avant de reprendre une innocente  apparence. Il y a du kaléidoscope dans ces mélodies que le piano construit avec une infinie délicatesse.

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(Photo Laki Sideris)

Aaron Choulai n'a guère fait parler de lui encore en France. Ce jeune homme de 27 ans est né en Papouasie-Nouvelle Guinée d'une mère d'origine chinoise et d'un père australo-polonais. Albinos et pratiquement aveugle, il a grandi en Australie où il a suivi les cours de piano de Paul Grabowsky, et fondé un groupe, Vada.

En 2003, repéré par le saxophoniste new-yorkais Tim Ries, Aaron Choulai fait le voyage à New-York où il enregistre à 21 ans son premier album "Place" (Warner, 2003), avec quelques pointures du cru. "Ranu" est son second album. Aaron Choulai vit désormais à Tokyo.

A écouter : Le myspace d'Aaron Choulai, avec les titres "White scarf" et "Bedira", issus de l'album "Ranu".

A lire : une chronique affûtée de "Ranu" en anglais, un compte-rendu de concert du trio en janvier 2009 à Melbourne, en anglais aussi, avec des photos et une intro marrante sur les boîtes de jazz parisiennes.