09 décembre 2008
Ahmad Jamal à Orléans : la légende au rendez-vous
Réglé comme du papier à musique, et pourtant pas l'ombre d'une partition sur scène dimanche dernier, au théâtre d'Orléans, pour ce concert d'Ahmad Jamal !
Mais c'est la première impression qui m'est venue à l'esprit : une horlogerie sans faille, et un horloger pointilleux, limite maniaque, dont on sent tout le poids de l'exigence au bout du doigt impérieusement tendu vers tel ou tel musicien lorsque c'est l'heure.
Les rouages étaient de grande classe. Et le plus âgé d'entre eux, sans doute un peu plus libre de fantaisie vis-à-vis de l'horloger pour oser, from time to time, quelque guilleret décalage. Manolo Badrena, percussionniste d'expérience qui fréquenta un temps le Weather Report, réussit à arracher lors de ce concert une ou deux exclamations de surprise enjouée au maître !
James Johnson, le plus jeune, impeccable derrière ses fûts, ne s'est permis aucune incartade. Obéissant, littéralement, au doigt et à l'oeil du maître, il n'a cependant jamais hésité, quand la permission était donnée d'"y aller", à profiter pleinement de cette liberté. En se lâchant sans complexe sur les toms, par exemple.
Quant à James Cammack, son quart de siècle de complicité musicale avec Ahmad Jamal se résume avec la plus grand
simplicité : indispensable, comme le chevalet met en valeur autant qu'il porte le tableau de maître. La sonorisation de sa contrebasse, un peu en retrait m'a-t-il semblé, n'a pas tout à fait contribué à mettre en valeur toutes les qualités de celui des quatre qui frappait le moins son instrument.
S'il est une expression qui prend tout son sens en effet avec Ahmad Jamal, c'est celle d'un touché percussif. Impossible d'ignorer que le piano est un instrument rythmique avec ces attaques diaboliquement piquées, sculptant la mélodie au coeur de la matière musicale. Le clavier chante aussi, très harmonieusement à plus d'une occasion, mais la trame dense, tendue, prévient toute dérive vers une molle facilité.
Je ne connais pas (encore) suffisamment le répertoire pour vous dresser la set-list de ce dimanche. Il y avait bien sûr plusieurs titres issus du dernier album d'Ahmad Jamal, dont le morceau éponyme, It's Magic !, bénéficiant d'une longue et captivante introduction au piano, dans une recherche de couleur musicale tout en nuances.
En ouverture du concert, Autumn rain, un titre enregistré en 1987 sur l'album Rossiter Road.
Découvrez Ahmad Jamal!
Et une interprétation festive et débridée de Poinciana, d'une incroyable fraicheur, qui m'a littéralement fait danser sur mon siège, sous le regard étonné mais indulgent de mes sages voisins !
C'était mon premier concert d'Ahmad Jamal. Pas sûr qu'il y en ait beaucoup d'autres, même si la légende était bien vivante, du haut de ses 78 printemps. Il n'avait pas de petit chapeau rigolo, mais derrière ses lunettes noires et ses airs d'horloger maniaque, l'artiste a semblé prendre un vrai plaisir à jouer et faire jouer. Le public l'en a remercié d'une chaleureuse standing ovation. Sur la scène du théâtre d'Orléans dimanche, la légende était bien au rendez-vous.
06 décembre 2008
Ahmad Jamal, préparation des oreilles (2)
Pas de blabla ce soir, Ahmad Jamal à Orléans, c'est demain !
Si vous y allez aussi et que vous voulez faire un coucou à la pie (!), laissez-moi vite un petit message... Sinon, rendez-vous très vite sur le blog pour vos impressions du concert.
Allez hop ! Musique ! Un "Crossroads" franchi à toute allure, enregistré au festival de Montréal en 1985, avec un James Cammack déchaîné à la basse, Herlin Riley à la batterie et Selden Newton aux percussions.
Découvrez Ahmad Jamal!
Je crois que la dernière fois que j'ai vu une légende vivante du jazz aussi "légendaire", c'était il y a un petit quart de siècle à Bordeaux. J'étais très jeune et j'en conserve un souvenir assez flou, d'un très vieux Noir frêle et chancelant en arrivant sur scène, transformé en gamin rigolard et bourré d'énergie une fois assis derrière ses fûts. Un certain Art Blakey...
02 décembre 2008
Ahmad Jamal, préparation des oreilles (1)
Je l'avoue, j'ai découvert plutôt récemment Ahmad Jamal, avec cet album.

Dans des conditions à peine avouables. Mais puisque nous sommes entre nous...
Moi qui m'efforce d'acheter ma musique en priorité auprès des gens qui l'aiment vraiment :
. la boutique Harmonia Mundi de Blois dès que c'est possible, mais ils ne distribuent pas tout
. les sites de labels spécialisés sympas, type Cam (des Italiens adorables et super rapides), Wayside (jazz-rock, jazz-prog, fusion)
. Le site Les Allumés du jazz, qui commercialise plein de petits labels indépendants
... bref, ce jour-là, j'avais cédé aux sirènes de la vile promotion : deux albums de jazz à 9 euros, le troisième gratuit ! Dans la liste proposée, j'avais donc glissé cet album d'Ahmad Jamal pour que mon compte soit rond. Non sans appréhension...
Agréable, très agréable surprise à l'arrivée ! Petit aperçu, avec ce classique des classiques, dans une version enjouée et plutôt malicieuse.
Découvrez Ahmad Jamal!
30 novembre 2008
Ahmad Jamal à Orléans, c'est bientôt Magic !
J'ai mon ticket depuis des semaine, mais à huit jours seulement de l'évènement, j'ai encore du mal à réaliser.
Je vais voir et entendre, sur la scène du théâtre d'Orléans dimanche prochain (7 décembre, 17 h ) l'une des plus grandes légendes vivantes du jazz en général, et du piano en particulier ! Et, le plus important évidemment, une légende dont j'aime la musique.
En tout cas ce que j'en connais, car Ahmad Jamal a commencé à promener ses mains sur un clavier il y a juste une cinquantaine d'années... ce qui fait, on s'en doute, une discographie des plus fournies, et l'occasion d'évoluer dans son jeu comme dans ses inspirations.
A 78 ans, le pianiste est de nouveau sur le devant de la scène grâce à son dernier opus, It's Magic !, album ayant remporté tous les suffrages.

Comme je vous ai déjà mis une vidéo de It's Magic ! dans le précédent billet sur ce sujet, cette fois, ce sera un petit retour en arrière, avec Poinciana, le tube interplanétaire d'Ahmad Jamal, son incontournable comme on dit, enregistré en 1958 sur l'album "At the Pershing".
Et, pour ceux qui seront aussi à Orléans dimanche prochain, il paraît qu'Ahmad Jamal le joue toujours à chaque concert.
Après Herbie Hancock en juin au festival Orléans'jazz, et Ahmad Jamal cet hiver, il ne me manque plus que de voir sur scène McCoy Tyner, et ma vie sera comblée !
A lire également chez P'tilou, un compte-rendu de concert d'Ahmad Jamal à Paris en juillet 2006 avec de belles photos de l'artiste sur scène.
21 septembre 2008
Ahmad Jamal à Orléans, c'est Magic !
Un tuyau à partager très vite avec vos meilleurs potes : Ahmad Jamal sera en concert le 7 décembre à Orléans, la place ne coûte que 25 euros (tarif plein), et... il en reste !
Je vous dis ça, parce qu'à Paris (salle Pleyel) où l'immense pianiste est attendu le samedi suivant, c'est déjà complet depuis plusieurs semaines. Et que lors de son précédent passage au Duc des Lombards, en juillet, la place s'arrachait à 80 euros, tarif officiel !
Bref. A Orléans, donc tout près de nous, Blésois, et franchement pas loin des Tourangeaux oh, oh, Ahmad Jamal donnera un historique concert avec ses deux fidèles et brillants acolytes, James Cammack à la contrebasse et Idris Muhammad à la batterie.
It's Magic !
Billeterie par téléphone au 02.38.62.75.30 du mardi au samedi d 14 h à 19 . Infos par courriel : infos@theatredorleans.fr Programme à télécharger sur leur site, quand ils auront fini de le construire...
