26 octobre 2009
Virginie Capizzi ou le jazz giboulée
Virginie Capizzi était vendredi 23 octobre sur la scène des Lobis à Blois, en première partie d'Elisabeth Kontomanou.
La jeune Parisienne, auteur, compositeur et chanteuse, se produisait en quartet avec Stéphane Tsapis (piano), Tommaso Montagnani (contrebasse) et Octave Ducasse (batterie).

(Toutes les photos illustrant ce billet sont de Patrice Mollet, que j'embrasse au passage.)
Virginie Capizzi, comme un rayon de soleil entre deux giboulées, passe allègrement d'un répertoire à l'autre, de la chanson drôlement swing aux dissonnances mélancoliques à la Fauré, de la séduction latino au groove de fond. Bref, côté musique, il y a largement de quoi nourrir les oreilles les plus exigeantes.
Quant à l'écriture fine de ses textes et son sens de l'humour, ils m'ont fait penser à Elisabeth Caumont (au hasard, son "Funk du bègue" ) entendue sur scène il y a une petite éternité.
L'inconvénient, c'est qu'à se concentrer sur les subtilités des textes, on en oublie de profiter vraiment de la musique, et lycée de Versailles...
Parfois, Virginie se contente de jouer avec sa voix sans paroles, et tout à coup, la cohérence est parfaite, ça coule de source. Mais bon, je ne vais pas lui reprocher d'avoir des choses à dire. Même si c'est pour draguer les Ecossais !

Quelques chansons sont en ligne sur le myspace de Virginie Capizzi.
La belle a également un joli site internet avec tout plein d'informations sur elle, ses musiciens et leurs projets.
Jeu : dans ce billet se cache un musicien de jazz bientôt programmé aux Lobis à Blois. J'attends vos suggestions dans les commentaires !
20 octobre 2009
Jazz aux Lobis avec Elisabeth Kontomanou
Jazz vocal vendredi 23 octobre aux Lobis à Blois avec Elisabeth Kontomanou (chant) et Laurent Courthaliac (piano).
Elisabeth Kontomanou a déjà une belle carrière, marquée par un prix au concours de jazz de La Défense en 1996 et une Victoire du jazz en 2006.
Le répertoire sera celui de son précédent album, "Brewin' the blues", où elle reprend des chansons des années 40 très influencées par le blues, et chantées par Billie Holiday, Ella Fitzgerald et Louis Armstrong. Un répertoire qui convient bien à Laurent Courthaliac, pianiste amoureux du bop.
Cet album avait beaucoup plu à mon collègue Ptilou du Z Band qui l'avait écrit dans cette note.
"Brewin' the blues" peut s'écouter là :
Elisabeth Kontomanou vient cependant de sortir un tout nouvel album, "Siren Song" : des reprises de standards encore, mais cette fois accompagnée par un trio de musiciens + un orchestre symphonique ! Je vous en reparlerai quand je l'aurais écouté.
Notez que ces deux albums d'Elisabeth Kontomanou ont été publiés sur l'excellent label Plus Loin music, distribué par Harmonia Mundi (boutiques à Blois, Tours et Orléans).
Je ne vous laisse pas sans avoir le plaisir de partager avec vous ces propos, extraits d'une interview publiée sur un blog de Libé le 2 avril 2007 :
"Le moment où j’ai décidé de faire de la voix féminine mon instrument est arrivé par hasard, j’ai entendu une jeune métisse chanter dans un studio et là le ciel s’est ouvert. A la base je devais être pianiste de jazz et j’ai trahi la cause. Finalement, je me suis déterritorialisé assez vite, j'ai été un peu traître par rapport à la confrérie des jazzmen et des pianistes. Pour moi avant, le chant, Stevie Wonder et Sheila, c’était la même chose. Jusqu’au jour où j’ai rencontré cette jeune chanteuse qui s’appelle Elisabeth Kontomanou qui fait une carrière de jazzgirl en ce moment. Je suis tombé amoureux de la voix et avec toutes les emmerdes que ça comportait."
Vous aurez reconnu le style inimitable d'André Manoukian, pianiste et compositeur, star de la Nouvelle Star... et parrain de la salle des Lobis. Le monde du jazz est petit !
Une interview et quelques notes de Brewin' the blues, sur scène à Nîmes le 16 octobre dernier, c'est tout frais.
04 octobre 2009
Jazz, blues : les concerts d'octobre en région Centre (3)

Mercredi 14 octobre à l'Espace Malraux de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire), Mick Taylor, ex-guitariste des Rolling Stones et grand musicien de blues-rock.

Vendredi 16 octobre, à l'église Saint-Laurent à Langeais (Indre-et-Loire), Mon Côté Jazz, une soirée qui sonne drôlement sympathique, organisée par l'association Saut'Mouton. Trois groupes dans la soirée : Le Gipsy Jukebox ( jazz manouche ), Sadaaka ( Funk / Jazz / Soul ) et Johnny Pires ( chanson française ) pour la modique somme de 6 euros. Démarrage à 20 h.

Vendredi 30 octobre et samedi 31 octobre, concerts exceptionnels à La Chesnaie à Chailles, près de Blois (Loir-et-Cher) pour la sortie du nouvel album de Claire Plaisant, "Le lit de l'arbre" !
Avec Claire Plaisant (chant, compositions, textes), Olivier Louvel (guitares/banjo), Hervé Gourdikian (saxophones), Jean-Pierre Como (piano/Fender Rhodes), Gilles Coquard (basse) et Stéphane Huchard (batterie/percussions), sur la petite scène du Boissier. On en reparlera !
Un petit making-off...
14 septembre 2009
Jazz en Touraine : Sweet system séduit le Off (et Michel)
De plus en plus fort, notre envoyé spécial sur le festival Jazz en Touraine, à Montlouis-sur-Loire, près de Tours !
Ce week-end, c'est armé d'un enregistreur que Michel de Destock Jazz est allé à la rencontre des artistes du festival off.
Et il a craqué pour les filles de Sweet system :

"Swing, folie et humour avec le trio vocal féminin Sweet System sur la scène OFF du Festival Jazz en Touraine samedi après midi.
Accompagnées par une rythmique de grande qualité (swing remarquable de David Salesse à la contrebasse), ces trois drôles de dames ont mis le feu dans le public nombreux en cet après midi ensoleillé de fin d'été.
A la fois drôles et impertinentes elles nous ont offert un florilège de standards des années 30 40 distillés avec élégance et surtout une belle qualité vocale."
Démonstration par le mp3 pris sur le vif !
"Vient ensuite sur la scène la fragile Virginie Teychené et son trio : sensibilité, énergie, swing sont au programme.

C'est la première fois que je l'entendais en live et j'ai été déçu, pas par les qualités vocales de Virginie mais par la restitution sonore de sa voix. Les conditions, le plein air, la sono, je ne sais pas, mais cela manquait de présence, de clarté, de puissance. Si vous écoutez ses enregistrements (sur son site par exemple) on croirait entendre une autre chanteuse...
Je suis parti avant la fin, j'étais mal à l'aise pour elle. Elle méritait un meilleur traitement. Je suis certainement trop exigeant en matière de qualité sonore, mais 10 ans dans la HI-FI et 45 ans d'écoute du jazz, ça laisse des traces."
Michel
25 juillet 2009
Jazz : en août, notre coeur bat à Bourges, Jacques !
Bourges, la capitale du Printemps, prend de très belles couleurs jazz cet été, dans le cadre d'une prog' tous azimuts.
Petite photo prise par moi-même du haut de la cathédrale, malgré mon vertige...

Avec un fil conducteur pour trois concerts au mois d'août, "Nuit des voix de femmes" : tous ont lieu au Jardin des Prés Fichaux (repli au théâtre en cas d'intempéries) à 21h30.
- Jeudi 13 août, Doodlin' : swing vocal des années 20 et 30, avec le trio Evelyne Sornay, Vérène Fay, Emma Rivault, accompagnées par Pierre Cammas (piano), Gérard Maurin (contrebasse), Michèle Santanastasio (batterie) et Michel Barrot (trompette)
- Vendredi 21 août, Isabelle Drault quartet, avec Isabelle Drault (chant), Joseph Ganter (piano), Philippe Valentine ( batterie), Didier Vaudron (contrebasse).
-Jeudi 27 août, Elma Jones quartet : blues et jazz des années 40 et 50, avec Elma Jones (chant), Aranka Stimec (chant, percussions), Mira Amadori (violon), Toni Lauper (claviers), Michel Avet (basse) et Quinten Denijs (batterie).
Mais Bourges s'avère également amateur de risques !

A son menu estival, au palais Jacques-Coeur à 21h30 vendredi 28 août Dites 33, une folle création échappée du collectif de l'Arfi, association à la recherche d'un folklore imaginaire, si chère à mon coeur (pour avoir, entre autres, abrité un Louis Sclavis ou un Yves Robert).
Sur ce coup, s'y collent Michel Boiton (percussions, darbouka, djembe, tom bass), Jean Méreu (trompette, bugle, sifflet, appeaux, grelots), Jean-Luc Peilhon (clarinette, harmonica, clarinette basse, karkabous) et Bernard Gousset (traitements sonores, machines).
Comme un toubib avec son stétoscope (dites 33), l'idée est d’intégrer la présence de l’appareillage de sonorisation au cœur de la musique et des instruments. Toutes les percussions et la trompette sont équipées de micro-capteurs internes qui viennent s’ajouter aux micros externes...
Extraits en écoute ici : http://www.arfi.org/dites33/
Au fait, tous ces concerts sont gratuits. Profitez-en pour visiter la ville (le palais Jacques-Coeur, les marais au coeur de la ville, la 1ere Maison de la culture de France...), ou pour faire un tour dans les tout proches vignobles de menetou-salon.Vive l'été jazz à Bourges !
22 juin 2009
A choeur et à voix : Mythologies de Patricia Barber
A choeur et à voix, une publication simultanée des blogueurs du Z Band, est consacrée aux chanteurs et chanteuses. J'ai choisi Patricia Barber, pianiste, compositrice, auteure... et chanteuse, ou plus exactement, un de ses albums.

"Mythologies" de Patricia Barber (2006- Blue Note), est un album de jazz vocal, tout entier bâti sur Les Métamorphoses, long poème épique en latin de 12.000 hexamètres dactyliques (des vers à six pieds, et je n'ai rien bu) du célèbre Ovide.
Du latin pour inspiration (moi qui ai eu 4 au bac) et une chanteuse de jazz (c'est sirupeux et capricieux), tout pour me faire fuir. Et pourtant, cet album-là, je l'ai adoré !
Ceci dit, au-delà de mon -réel - esprit de contradiction, il s'avère que Patricia Barber a quelques atouts.
D'abord, sa voix. Halte aux crécelles si haut perchées qu'on se demande si elles ont encore de l'oxygène, là-haut - en tout cas, nous on a mal au crâne -, et place à la réconfortante chaleur de ce timbre d'alto, posé avec un naturel déconcertant, sans vibrato superflu ni maniérisme. Mais de l'élégance, beaucoup.
Et puis, sa diction. Dans Les Métamorphoses, Patricia Barber est allée piocher quelques personnages assez célèbres, Icare, Morphée, ou Pygmalion. Ses chansons racontent des histoires que son accent anglais oxfordien - un grave défaut d'intellectualisme pour une fille née dans la banlieue de Chicago - permet de saisir sans dictionnaire.
Patricia Barber joue également du piano dans le quartet de cet album, par ailleurs composé de Neal Alger (guitare électrique), Eric Montzka (batterie) et Michael Arnopol (contrebasse/ basse électrique). Et elle en joue avec autant de naturel et de simplicité que de sa voix, cette fille de saxophoniste.
Mais surtout, Patricia Barber compose et arrange. C'est à sa plume que l'on doit l'intégralité des morceaux de cet album, et le moins qu'on puisse dire est qu'il n'est pas monotone pour un sesterce.
Selon les chansons, elle fait appel à un saxophoniste (Jim Gailloreto), une chorale de gospel, un chanteur hip-hop. Quant aux musiques, elles passent par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel jazz, de la ballade acoustique lumineuse ("Morpheus" ) au jazz-rock/latin-jazz enflammé ("Whiteworld/Oeudipius" ), en passant par un tribal groove d'une sensualité torride sur "Hunger" qui laisse entendre de quelle genre de faim il s'agit...
L'an dernier, Patricia Barber est revenu à de plus sages contrées, en publiant "The Cole Porter Mix", un album consacré aux tubes de Cole Porter. La critique a adoré. Moi, je crois que je vais me remettre au latin.
Découvrez d'autres chanteurs et chanteuses de jazz en butinant parmi les contributions des blogueurs du Z Band.
Belette & le Jazz : Musica Nuda
Jazz à Paris : Jazz divas
Jazz Frisson : Karen Young
L'Ivre d'images : Anthony Joseph & the Spasm Band
Maître Chronique : Kurt Elling
Mysteriojazz : Jeanne Lee
Ptilou : Elisabeth Kontomanou
(à suivre)
05 décembre 2008
Jazz : les concerts de décembre en région Centre (suite)
La suite de ma p'tite sélection de concerts pour ce mois de décembre dans la région Centre...

Retour au Petit Faucheux à Tours mercredi 17 décembre à 20h30, avec 3C, soit Carole Hémard (voix) Claude Terranova (piano) et Christian Lété (batterie). Présentée comme "l’une des voix les plus fulgurantes entendues ces dernières années", Carole Hémard a notamment travaillé avec Michaël Levinas, Andy Emler, Carlo Rizzo, Glenn Ferris ou Jean-Luc Fillon.
Elle a aussi participé à un projet original autour de Billie Holiday, imaginé par le pianiste François Barisaux et créé à Reims en 2007. Dans l'extrait ci-dessous, on a un petit aperçu des qualités vocales et musicales de la dame...

Cette jolie photo en contre-jour, c'est celle de la Maison de la Culture de Bourges, la toute première du genre en France. Là, vendredi 18 décembre à 20h30, les amateurs de jazz vocal féminin, décidément gâtés ce mois-ci, pourront applaudir Robin McKelle.
Accompagnée d'Alain Mallet (piano), Peter Slavov (contrebasse) et Jeremy Clemons (batterie), la belle emmènera les spectateurs dans l'Amérique des années 50 et 60, que célèbre son dernier album "Modern antique", avec quelques incursions vers le blues.
Extrait ? Extrait !
31 août 2008
Jazz en Touraine : Sanseverino et Stacey Kent à guichets fermés
Le festival de jazz de la rentrée dans la région Centre ne fera pas exception : aux mêmes recettes les mêmes succès, et Jazz en Touraine, le festival de Montlouis-sur-Loire (Indre-et-Loire), en programmant sa soirée de jazz manouche et sa soirée de jazz vocal féminin, s'est donné quelques assurances côté billeterie.
En ces temps difficiles pour la musique vivante autant que gravée, on ne va pas leur jeter la pierre. Tous les festivals de France et de Navarre ont appliqué la recette cet été, même les plus grands.
A Montlouis-sur-Loire tout de même, on a fait les choses avec finesse. Moins people.
Certes, Sanseverino est à l'affiche du 11 septembre, mais seulement comme l'un des invités du groupe vedette, le trio Rosenberg.
Quant à Stacey Kent le 17 septembre, elle a juste une petite longueur de retard sur l'ultra-médiatique Norah Jones, mais ça ne va pas durer.
Ces deux soirées sont donc complètes.
Mais il en reste tout plein de drôlement sympas !
Tiens, Richard Galliano par exemple, invité lui aussi du trio manouche : le lendemain 12 septembre, l'adorable accordéoniste tient le haut de l'affiche avec un projet jazz-latino qui promet d'être chaud...
Avec en plus l'occasion de découvrir en première partie, et la mandoline brésilienne, et son Jimi Hendrix ! Hamilton de Holanda, à écouter cet extrait, on dirait bien qu'il assure grave ! Et ça, ce n'est pas du "déjà vu".


